Brigitte Guardelli  IADE, référent douleur

Tout d’abord un peu de terminologie :
Anesthésie = perte artificielle de la conscience et/ou de la sensibilité
Analgésie = abolition de la sensibilité à la douleur
Anesthésie locale = perte de la sensibilité localisée à une partie du corps
Anesthésie générale = perte de la conscience et de la sensibilité induite par des produits médicamenteux

 

Le CLUD (Comité de Lutte contre la douleur) est composé de médecins, d’infirmières et du pharmacien. Il étudie et évalue régulièrement toutes ces données afin d’améliorer sans cesse « la lutte contre la douleur » pour le confort et la satisfaction de nos patients.

 

Suivant le type de l’anesthésie, de l’intervention, votre médecin anesthésiste dispose de différents moyens pour lutter contre la douleur :

 

1/ Les antalgiques
Ce sont des produits utilisés pour soulager la douleur et dont la « puissance » sera fonction de celle-ci.
Exemples d’antalgiques : Dafalgan®, Efferalagan® (codéïné ou non), Aspirine®, Topalgic®, Doliprane®, Morphine® etc…
Ils sont administrés :
– par voie intra-veineuse. (injectés par l’intermédiaire de votre perfusion).
– par voie sous-cutanée (injectés par piqûres).
– par voie orale, dès que vous pourrez boire, par comprimés ou gélules.
en fonction de votre douleur et répétés aussi longtemps que nécessaire.

A ces antalgiques peuvent être associés pour une meilleure efficacité des anti-inflammatoires (Bi-Profenid®, Voltarène®, Celebrex® …)

Ces traitements peuvent entraîner des effets secondaires (nausées, douleurs gastriques, éruptions …). Ces inconvénients seront pris en compte, traités et le traitement de la douleur sera modifié.

 

2/ Blocs nerveux périphériques (Injection d’anesthésiques locaux au contact de la gaine d’un nerf (comme chez le dentiste)

Ces blocs sont réalisés pour la chirurgie du membre inférieur et du membre supérieur. dans un but anesthésique et/ou analgésique, en blocs uniques, multiples ou continus, à l’aide d’une aiguille spéciale reliée à une seringue contenant le produit anesthésique qui sera injecté lorsque le médecin aura « repéré » le nerf qu’il faut « endormir » à l’aide d’un stimulateur qui délivre un faible courant électrique non douloureux.

Éventuellement, un cathéter (petit tuyau troué très fin) peut être introduit au travers de l’aiguille pour permettre ainsi la ré injection du produit anesthésique local, afin de prolonger l’analgésie. Ce cathéter est relié à une pompe programmée suivant les indications de votre anesthésiste. Elle assure un débit constant et entretient l’analgésie post opératoire. En complément, vous pourrez vous administrer un « bolus », c’est à dire une dose supplémentaire si vous en éprouvez le besoin.
L’infirmière surveille la sensibilité et la mobilité du membre opéré afin de rectifier les doses si nécessaire.
Cet appareil restera en place entre 2 et 4 jours suivant l’intervention et un « relais » sera pris par d’autres antalgiques par voie orale le temps nécessaire.
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3/ Antalgiques par voie PCA (Analgésie Contrôlée par le Patient)

Cet appareil, dont il existe plusieurs modèles, n’est pas encore distribué à grande échelle dans les établissements de soins, en raison de son prix élevé. Il est plutôt réservé aux interventions qui risquent d’être particulièrement douloureuses.
Vous contrôlerez vous-même l’administration de vos médicaments contre la douleur en fonction de l’intensité de celle-ci.

La pompe est reliée à votre perfusion et aura été programmée par votre anesthésiste suivant les critères de votre intervention, de votre âge et de votre état général.
En appuyant sur un bouton, vous délivrerez une petite dose de morphine dès que la douleur apparaîtra.
La pompe est réglée pour éviter tout surdosage et le réglage peut en être modifié à tout moment par le médecin si nécessaire.
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4/  D’autres « petits moyens » seront utilisés pour limiter votre douleur :
– une vessie de glace peut être posée sur le genou opéré, le froid entraînant une diminution de la douleur
– une attelle, qui immobilisera le membre opéré si l’intervention le nécessite, limitera les « faux mouvements » douloureux.

Toutes ces méthodes d’analgésie sont connues du personnel soignant, ainsi que leur surveillance, leurs avantages et leurs inconvénients.

Dès votre entrée, et avant l’intervention, vous pourrez reparler avec votre anesthésiste, l’infirmière référente douleur ou celle de votre service d’hospitalisation, de toutes les méthodes qui seront mises en oeuvre pour que vous puissiez dire : « je craignais d’avoir beaucoup plus mal ».

 

5/ Afin de contrôler l’efficacité de votre traitement, l’infirmière ou votre médecin vous demandera « d’évaluer » votre douleur, c’est à dire de lui « donner » une note de 0 à 10, suivant son intensité.  En traçant une courbe correspondant aux chiffres que vous aurez indiqués, il sera facile de comparer le traitement et son efficacité et donc de modifier éventuellement celui-ci.