Les infections nosocomiales

 

Une infection nosocomiale est une infection acquise au cours d’un séjour en établissement de santé et ou lors d’un geste thérapeutique médical ou chirurgical.
Quelques soient les précautions prises, le risque infectieux zéro n’existe malheureusement pas.
Prévenir l’infection est un souci majeur pour diminuer ce risque. Des mesures simples et peu coûteuses – décrites plus loin – sont indispensables avant une intervention chirurgicale pour réduire ce risque.
Quand malheureusement une infection se produit, une prise en charge rapide et sérieuse est le meilleur garant d’une guérison en réduisant les séquelles au minimum.

 

Pourquoi l’infection est-elle nosocomiale ?
Une infection est considérée comme nosocomiale si elle survient dans le mois après un geste chirurgical, sauf lors d’implantation de matériel prothétique où le délai est de 1 an.
Cela ne veut cependant pas dire que toute infection survenant dans ce délai est nosocomiale.
Il convient donc, lors de la survenue d’une infection dans ces délais, de rechercher aussi un autre foyer infectieux qui peut être la cause de l’infection secondaire du site opératoire et qui doit alors aussi être traité, condition indispensable à la guérison. Cette contamination du foyer opératoire se fait par voie hématogène, c’est à dire par le sang.
Ainsi l’enquête diagnostique et épidémiologique est fondamentale pour permettre ensuite un traitement efficace.

 

Quels sont les signes de l’infection ?
Cliniquement : la fièvre, la douleur, l’inflammation, une cicatrice qui coule.
Sur le plan biologique : Vitesse de sédimentation (VS)  augmentée et plus spécifiquement élévation de la C réactiv protéine (CRP). Les signe cliniques sont souvent très atténués et pas tous présents, ce qui donne toute l’importance à ces signes biologiques et surtout à la CRP qui est un excellent marqueur de l’infection.
Parfois la radiologie et la scintigraphie apportent des arguments diagnostiques.
Cependant, seuls des prélèvements sur le site opératoire avec la découverte d’un germe permettent d’affirmer le diagnostic.

 

Quel traitement  suivre ?
Le traitement au niveau du site opératoire est habituellement une réintervention avec un lavage et des prélèvements pour identifier le germe  et avoir ainsi un traitement antibiotique efficace car adapté au germe.  Mais il est très important que ce traitement antibiotique ne soit pas débuté avant que ces prélèvements ne soient faits.
Lorsque du matériel a été mis en place – prothèses articulaires ou matériel d’ostéosynthèse (plaque, clou) –  l’ablation de celui-ci peut être nécessaire pour guérir l’infection en y associant bien sûr les antibiotiques pour une longue période (1à 6 mois). En cas d’ablation de prothèse, une nouvelle prothèse peut être posée dans le même temps chirurgical ou ultérieurement.    Exceptionnellement, un blocage de l’articulation peut être nécessaire.

Le traitement est donc lourd médicalement et chirurgicalement,  donnant ainsi toute sa valeur à la prévention.

 

La prévention de l’infection nosocomiale.
Elle commence en consultation  par l’information du patient : nécessité d’une bonne hygiène dentaire, l’état de la peau et des ongles doit être aussi parfait ( pas de mycose, ongles propres) ; la préparation cutanée est faite par dépilation ou tonte ou même sans geste pileux. Le rasage est interdit. En cas de maladie, le report de l’intervention est nécessaire.
En cas chirurgie prothétique,  il faut en plus dépister et traiter avant une infection urinaire.
Pendant l’hospitalisation, la prévention des infections nosomiales est organisée au sein d’un établissement de santé par le CLIN : Comité de lutte contre les infections nosocomiales. Elle est faite d’après des consensus établis par les autorités de tutelle et les sociétés savantes.
En voici quelques mesures les plus simples et fondamentales :
Douche avec un antiseptique la veille et le matin de l’intervention, 2 heures avant.
Au bloc opératoire nouvelle détersion cutanée de la région à opérer en salle d’opération, puis badigeonnage à 2 reprises avant l’installation des champs stériles.
Une antibioprophylaxie est réalisée en per-opératoire selon le type d’intervention.
Dans les suites opératoires les pansements  sont faits de façon stérile et selon des protocoles élaborés par le CLIN…

La prévention des infections en chirurgie ostéo-articulaire est donc un souci quotidien et constant qui nécessite ainsi l’implication de tout le personnel de l’établissement.

 

Docteur Ludovic Richard